14 juil. 2025

-  Actualité

« Pour vivre de manière plus durable et plus heureuse, nous devons repenser complètement notre façon de planifier et de penser », affirme cet économiste

Par : Mieke Zijlmans, publié dans le Parool le 12 juillet

La durabilité est un véritable casse-tête pour de nombreux entrepreneurs. Selon l'économiste Hans Stegeman, cela tient au fait que nous abordons la question à l'envers. Plutôt que d'être une considération secondaire dans le développement économique, la durabilité devrait en être le point de départ.

Des promoteurs immobiliers aux agriculteurs : quiconque élabore aujourd’hui un projet de développement ou un plan de croissance doit intégrer la durabilité dès le départ. Cela peut s’avérer extrêmement frustrant : sans une telle clause, vous n’obtiendrez pas de permis et vous serez probablement soumis à la pression des défenseurs de l’environnement. En conséquence, la législation actuelle en matière de durabilité exige souvent un investissement considérable en temps et en argent.

L'économiste Hans Stegeman estime que cela n'a pas besoin d'être si compliqué. « Nous devons repenser entièrement notre façon de planifier et d'envisager l'économie », affirme-t-il. Pour lui, la durabilité ne doit pas être considérée comme un obstacle, mais comme un fondement positif – le point de départ de tout ce que nous créons.

En juin, Stegeman a obtenu son doctorat à l’université Erasmus de Rotterdam avec une thèse dans laquelle il soutient que notre pensée économique actuelle n’est pas adaptée pour garantir la durabilité écologique et sociale à long terme. Le modèle économique dominant, explique-t-il, est guidé par un seul idéal : la croissance, la croissance, la croissance. « Si la croissance est devenue l’objectif principal, c’est parce que notre approche reste ancrée dans les théories économiques des années 1930. Mais à l’époque, nous étions confrontés à des problèmes complètement différents : la pénurie, une crise économique. Nous ne sommes plus dans cette situation. Nous n’avons jamais connu une situation aussi favorable qu’aujourd’hui. »

Un changement de mentalité

Les entreprises cherchent à réaliser des profits toujours plus élevés, et beaucoup de gens cherchent constamment à acheter davantage, observe Stegeman. Mais cela ne peut pas durer : nous épuisons les ressources naturelles de la planète à une vitesse vertigineuse. L’émergence de nouvelles économies ne fait qu’aggraver le problème. « Poursuivre avec notre modèle économique actuel relève de l’utopie », affirme Stegeman. « Nous devons chercher des alternatives. C’est très simple. Notre société est ancrée dans la nature. Si nous continuons sur cette voie, il ne restera plus de nature à terme. Et sans nature, la société ne peut exister. À ce moment-là, les gens ne trouveront plus aucune satisfaction dans la vie. »

Ceux qui véhiculent ce message sont souvent qualifiés de « woke », et Stegeman risque de subir le même sort. Mais selon lui, un changement radical de mentalité s’impose. La croissance ne doit plus être l’objectif. Ce sont plutôt la production et les modes de vie durables qui doivent prendre le relais. Mais à quoi cela ressemble-t-il, selon Stegeman ?

« Il fallait un tournant. Lorsque l'énergie est devenue inabordable, les alternatives renouvelables ont soudainement gagné du terrain. »

Selon Stegeman, l’exemple le plus frappant est celui de l’inondation de la mer du Nord en 1953. On savait depuis longtemps que la Zélande n’était pas suffisamment protégée contre les crues extrêmes. « Mais ce n’est qu’après cette inondation que les travaux du plan Delta ont été mis en place. Il faut des facteurs externes pour rendre la nécessité du changement indéniable. Un point de basculement qui pousse les gens à adopter plus rapidement une approche différente. »

Une vie plus heureuse

Stegeman ne suggère pas qu’une catastrophe doive précéder le passage à la durabilité, mais il appelle à un changement radical de mentalité. « Une étude menée par l’Institut néerlandais de recherche sociale montre que les gens comprennent bien que nous ne pouvons pas continuer sur cette voie : c’est une impasse. Quatre-vingt pour cent des personnes interrogées ont reconnu la nécessité d’une transition énergétique. »

Selon Stegeman, lorsque ce moment décisif, ce changement de mentalité, se produira, nous devrons déjà avoir des plans prêts. « Il faut donc les élaborer dès maintenant. Il ne faut pas attendre de se retrouver sans autre choix pour commencer à réfléchir à ce à quoi ressemble une transition durable. »

Les urbanistes, par exemple, pourraient commencer chaque projet en identifiant d’abord l’aspect lié au développement durable, puis élaborer le reste du plan autour de celui-ci. Ce qui importe, selon Stegeman, c’est de présenter cela comme un message positif : le développement durable est bon pour nous. Lorsque nous protégeons la nature, les gens sont plus heureux. « Et ainsi, nous finirons tous par mener une vie plus heureuse. »

Des gouttes sur une pierre chaude

Le problème avec l'argument de Stegeman, c'est que les progrès en matière de développement durable ont jusqu'à présent été lents. On pourrait dire que ce ne sont que des gouttes d'eau sur une pierre brûlante. « Cette transition comporte de nombreux aspects différents, tant pour les entreprises que pour les particuliers. Pour les entreprises, beaucoup de choses doivent changer au niveau des lois et des réglementations – c'est là que le gouvernement a un rôle à jouer. »

« Mais les gens peuvent aussi organiser beaucoup de choses par eux-mêmes. Il faudrait laisser davantage de place aux initiatives collectives. Posséder beaucoup de choses à titre individuel coûte de l’argent à chacun. Nous pourrions réfléchir davantage au partage des biens – cela permet souvent de gagner du temps, du temps que l’on peut consacrer à des activités agréables. Ce sont là autant de petits pas vers une économie moins polluante, dans laquelle nous pouvons nous sentir plus heureux. »

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